Sortie en salle le 5 novembre

Espace pédagogique
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Bruno Collet découvre Croquis de guerre / Mathurin Méheut au mémorial de Péronne en 2004. Cette publication, éditée par les Ecoles de Coëtquidan en 1995, a la particularité de reproduire une grande quantité de dessins et d’aquarelles. « J’avais été intéressé par le fait que Méheut illustrait son abondante correspondance avec sa famille, en particulier avec sa femme » raconte le réalisateur, « Dans les croquis de Méheut, il y a toujours des fragments du dessin qui sont très détaillés, comme s’il avait voulu mettre en évidence des éléments qu’il retravaillerait en atelier ». Ces croquis étaient en fait des études et des dessins préparatoires pour des toiles qu’il réaliserait par la suite. Sa grande productivité (une dizaine de croquis par jour) lui a permis de décrire avec une grande précision le quotidien des Poilus. Il faut se souvenir qu’à l’époque la photo était surtout utilisée par la propagande et que de nombreux clichés sont mis en scène. « J’ai le sentiment que ses dessins passaient plus facilement la censure » explique  Collet. Une hypothèse qui pourrait  être corroborée par le croquis L’exécution capitale, 5 juillet 1915 qui relate l’exécution d’un soldat. «Le témoignage de Méheut me semblait donc plus juste » souligne le réalisateur. « Autre avantage du travail de Méheut : il témoigne de situations nocturnes ce que la photo ne permettait pas techniquement. Méheut montre, par exemple, le sommeil des soldats dans les tranchés ».


Parmi l’œuvre abondante du peintre, Bruno Collet cite en particulier deux œuvres qui ont inspiré des éléments visuels du film :

croquis de Mathurin Méheut extraits de Mathurin Méheut Croquis de guerre

éditions École de Coëtquidan


« Les croquis de soldats, notamment les profils en pied, m’ont permis de travailler mon personnage, de trouver les bonnes proportions lors des premières phases de modelage de la marionnette ».

« Le croquis Poilu se repose à 20 mètres des boches que Méheut réalise le 1er juillet 1915 m’a inspiré la scène de la sortie du Poilu dans la tranchée ».


Le travail préparatoire avec Guy Prévost

Pour son film, Bruno Collet avait un univers, un personnage mais il n’arrivait pas à traduire visuellement l’esthétique qu’il recherchait. Il décide donc de travailler avec Guy Prévost, un peintre qu’il avait rencontré aux Beaux-Arts de Rennes pendant ses études. Depuis plusieurs années, Guy est inspiré par la photo et le cinéma. « Dans son travail, il y avait un rapport à la monochromie qui correspondait à ce vers quoi je voulais tendre pour l’image du film : une image non pas en noir et blanc mais en noir et bleu horizon (la couleur des uniformes des Poilus). Je savais qu’il avait fait une série de croquis après le conflit libanais des années 80 et que le caractère historique de mon film pouvait l’intéresser. Dès les premières aquarelles, je me rends compte qu’il m’apporte une solution pour la texture du ciel. Les taches qui apparaissent sur ces peintures symbolisent aussi bien les nuages empoisonnés, des explosions, une matière vivante qui me fait penser à des cellules. J’avais trouvé pour le ciel, un poids et une dimension organique qui pouvaient cohabiter de manière homogène avec la matière du sol. En traitant les dessins grâce à un logiciel de morphing, nous avons pu animer ces tâches colorées et donner une dynamique, un mouvement aux ciels ».


propos recueillis par Jean-François Le Corre


peinture de Guy Prévost réalisée dans le cadre

des travaux de recherches sur Le Jour de gloire...

croquis de Mathurin Méheut extraits de Mathurin Méheut Croquis de guerre

éditions École de Coëtquidan

Sources d’inspirations

La peinture


Dans le travail d’écriture et de préparation de Bruno Collet pour « Le Jour de gloire… », la peinture est intervenue à deux moments. Comme source d’inspiration pour le scénario avec l’œuvre de Mathurin Méheut puis comme outil de recherche plastique lors de la collaboration avec le peintre Guy Prévost.


Dans ses principales influences, Bruno Collet cite invariablement la correspondance que les Poilus entretenaient avec « l’arrière » et l’œuvre du peintre Mathurin Méheut. Né en 1882 à Lamballe dans les Côtes d’Armor, Méheut entre à l’école des Beaux Arts de Rennes en 1897 puis s’installe à Paris en 1902 où il s’inscrit à l’École Nationale des Arts Décoratifs. À partir de 1910, il collabore avec la station de biologie marine de Roscoff où il crée les bases de l’ouvrage Étude de la mer 1913-1914. Ce sont ces croquis sur la faune et la flore marine réalisés dans le Finistère qu’il expose en 1913 au Pavillon de Marsan. Cette première exposition est un succès et le peintre remporte une bourse de la Fondation Albert Kahn qui lui permet d’entreprendre un voyage dans le Pacifique. Le 2 août 1914, Méheut est au Japon quand est décrétée la mobilisation générale en France. Il rentre précipitamment et est incorporé au 136e régiment d’infanterie d’Arras. Pendant la guerre, il va produire de nombreux croquis, dessins, aquarelles réalisés sur le front Ouest.

aquarelle de Mathurin Méheut extraits de Mathurin Méheut Croquis de guerre

éditions École de Coëtquidan

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préparé par le CNDPPLEINE_LUNE_pedagogique_JOUR_files/teledoc_lejourdegloire_3.pdf
Pour aller plus loin

Le Making of Le Jour de gloire... de Bruno Collet  réalisé par Christophe Cocherie est disponible sur le DVD pédagogique du programme Pleine Lune en vente ici

À voir
L’interview de l’historien Pierre Micquel sur curiosphere.tv : Pierre Miquel parle des soldats français de la Première Guerre mondiale. 
1 350 000 d'entre eux furent tués, sans compter les disparus. Pierre Miquel explique que contrairement aux idées reçues, les soldats ne passèrent que très peu de temps dans les tranchées. Il précise également l'origine de l'expression « Poilu » et évoque le régime des permissions et les mutineries de 1917.

Le site pédagogique de France 5 sur la Guerre 14-18

À lire
Mathurin Méheut 1914-1918, des ennemis si proche
de Elisabeth et Patrick Jude, Editions Ouest-France , 2001 http://www.folimage.fr/boutique/fiche_produit.cfm?ref=DVD-pedagogique-pleine-lune&type=2&code_lg=lg_fr&num=0http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/25-histoire-geoetcivilisations/104486-reportage-pierre-miquel-les-poilus-de-la-guerre-de-14-18#http://www.curiosphere.tv/guerre14_18/PLEINE_LUNE_pedagogique_JOUR_files/teledoc_lejourdegloire_4.pdfshapeimage_11_link_0shapeimage_11_link_1shapeimage_11_link_2

Le Jour de gloire... de Bruno Collet

Francis Blanchemanche a suivi le tournage du Jour de gloire... 
et propose son regard de photographe 
sur le travail de Bruno Collet.







>>> Visiter l’expositionJour_accueilphoto.html

Sources d’inspirations

Le monument aux morts

Liens vers les autres pages pédagogiques du film :

Bruno Collet - Entretien avec le réalisateur

Retour sur la scène du char

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